Anouar Laabidi

Publié: 9 juin 2011 dans Photojournalistes citoyens

Etudiant en publicité graphique, 25 ans et j’habite à Tunis.

 

Je n’ai pris que 3 photos pendant la révolution parce que mon but n’était pas de prendre des photos à ce moment là mais c’était de participer à cette révolution. C’est par pur hasard que j’ai pris des photos pas pour les publier mais pour graver un moment sur un support. Je n’ai que 3 photos sur mon compte : la première c’était le 25 février quand ils ont lâché des gaz, une photo de soldat sur un char et une autre du peuple criant « dégage ». une avec un compact et les autres avec un téléphone portable.

 

 

Je suis sorti le premier jour de la révolution pour vivre le moment et non pas pour prendre des photos.

 

Il y avait beaucoup d’appareil photo mais ils ont été confisqués et aussi des téléphones portables avec lesquels ils filmaient. Ceux qui avaient des réflexes étaient des journalistes. Il y avait 2 français et l’un d’eux est mort le 14 janvier. Il y a des gens qui n’ont pas pris de photo parce que soit ils avaient peur pour eux ou pour leur appareil. Mais ces gens photographiaient pour publier sur facebook, twitter…

 

En ce qui concerne les journaux, je ne lisais que les choses où ils ne pouvaient pas mentir comme l’article scientifique.

 

La photo journalisme tunisien n’existe pas. Tu ne trouves que des photos de football, de ministres…

 

J’ai un compte facebook depuis 2008. C’est une rencontre et un échange artistique très constructif et c’est ce qui me plaisait.

 

Depuis le début de la révolution, j’ai partagé des vidéos sans avoir peur. A la fin décembre, les gens commençaient à s’organiser. Le point de départ était Bouazizi et ensuite, c’était une réaction sur ce qui se passaient en Tunisie.

 

C’étaient des photos d’amateur et non de professionnels. Même Al Jazira passaient des vidéos qui n’étaient pas bonnes sur le plan esthétique ou technique mais c’étaient ce qu’il y avait.

 

Le commencement était avec des citoyens qui avaient un moyen de prendre des photos. Il n’y avait pas de reporters professionnels.

 

Au départ, on ne montrait que des flics qui tapaient les citoyens. Le message était de faire passer les citoyens pour des martyrs.

 

Je suis plus témoin et acteur.

 

J’ai décidé se sortir sans être influencé le 14 janvier.

 

Les vidéos restent plus influentes parce que ce sont 25 images/seconde, il y a du son. Mais pour moi, la photo peut passer une impression plus qu’une vidéo.

 

Malgré les conditions, les citoyens sont sortis, ont photographié, publié… et ont donné une leçon aux autres peuples qui se sont soulevés par la suite.

 

Je pense que s’il y avait pas ces réseaux sociaux, la révolution aurait étouffé sur le territoire national et n’aurait pas atteint d’autres pays.

 

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